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Multi Asset

Les fondations de placement immobilier en tant que stabilisateurs de portefeuille

Les corrélations examinées à la loupe

6ème septembre 2019 - À l’heure actuelle, la question est de savoir si les actions et les obligations sont encore en mesure d’apporter une bonne diversification. Une nouvelle étude montre que la valorisation des actions par rapport aux obligations d'Etat joue un rôle déterminant dans le comportement de la corrélation.

correlations

Les principales composantes d’un portefeuille Multi Asset sont en général des actions et des obligations. C’est pourquoi la relation entre ces deux catégories d’actifs est cruciale pour la diversification du portefeuille. Un outil couramment utilisé pour quantifier cette relation est la corrélation. Un simple regard sur des données historiques suffit pour constater que la corrélation entre l’indice S&P 500 et l’US Treasury Future est généralement négative depuis la fin des années 1990. Ainsi, la combinaison d’actions et d’obligations d’État constitue une situation initiale favorable pour diversifier les rendements d'un portefeuille. Néanmoins, il faut se demander si certaines conditions peuvent entraver cette diversification.

L’économétrie apporte des réponses

Dans une étude publiée récemment, J. Baz, S. Sapra et G. Ramirez (2019) calibrent un « modèle vectoriel à correction d’erreur » avec des séries temporelles issues des marchés américains d'actions et d'obligations.[1] Grâce à ce modèle, la réaction d’une variable à la suite d’un « choc » survenu avec une autre variable peut être mesurée de manière empirique. Les auteurs montrent qu’en cas de choc sur les marchés des actions, c’est-à-dire en cas de forte chute des cours des actions, les cours des obligations d’État montent. Cela signifie que, dans ce cas, la diversification est effective. En revanche, si le choc baissier survient sur les marchés des obligations suite à une forte hausse des taux intérêts, il faut souvent s’attendre à une perte du côté des actions.

La valorisation des actions par rapport aux obligations d’État joue un rôle central sur le comportement de la corrélation. La valorisation agit soit comme amplificateur, soit comme tampon. Lorsqu’un choc survient sur les marchés des actions, la relation est davantage négative en cas de valorisation élevée qu’en cas de valorisation basse. Et l'effet de diversification en est d'autant plus fort.

Si un choc survient sur les marchés des obligations, la valorisation peut influencer le sens de la relation : si les actions sont avantageuses, la relation est négative. Dans le cas contraire, elle est positive. Cela signifie que les actions n’apportent pas une diversification satisfaisante, car leur cours baisse, tout comme celui des obligations. Le graphique suivant résume les résultats :

Corrélation entre les actions et les obligations d’État et effet de diversification

Valorisation des actions par rapport aux obligations d’État Chutes de cours
Actions
Chutes de cours
Obligations d’État
basse
Corrélation légèrement négative
> Les cours des obligations montent
Corrélation négative
> Les cours des actions montent
juste
Corrélation négative
> Les cours des obligations montent
Corrélation positive
> Les cours des actions chutent
haute
Corrélation fortement négative
> Les cours des obligations montent
Corrélation positive
> Les cours des actions chutent

Situation actuelle

Selon nos estimations, le marché américain des actions se situe à un niveau relativement juste par rapport aux obligations d’État. Dans cet environnement et selon l’étude susmentionnée, les obligations d’État devraient regagner du terrain en cas de choc sur les marchés des actions. Si le taux réel augmente de manière inattendue, il faut s’attendre à ce que non seulement les actions, mais aussi les obligations perdent de la valeur et que la diversification s’estompe.

De nombreux investisseurs estiment néanmoins que le risque d’une hausse des taux d'intérêt est faible. La question est cependant de savoir pourquoi l’inflation n'augmente pas malgré une politique monétaire expansive. Selon l’étude susmentionnée, une telle recrudescence aurait eu le même effet sur la relation entre les actions et les obligations que la hausse du taux réel. Il faudrait alors s’attendre à une baisse des cours des actions, et non à une hausse. L’hypothèse est qu’en cas de progression inattendue de l’inflation, la politique monétaire deviendrait plus restrictive. En raison de la diminution de liquidité, l’investisseur subirait des pertes, à la fois avec les actions et avec les obligations.

Mesures appropriées pour le portefeuille Multi Asset

Comment l’investisseur peut-il se protéger contre une hausse soudaine des taux réels ou des prévisions d’inflation ? Selon nous, la clé consiste à opter pour une diversification maximale du portefeuille. En incluant des obligations protégées contre l’inflation ou de l’or, l’investisseur peut amortir une recrudescence inattendue de l’inflation. Les matières premières comme le pétrole offrent également une certaine protection contre l’inflation, mais dépendent également des risques conjoncturels à l’instar des actions.

L’impact d’une hausse du taux d’intérêt peut être diminué par une réduction de la duration pour les obligations. Ceci a toutefois pour conséquence une efficacité amoindrie de la couverture des obligations en cas de baisse des actions.

De manière générale, l’investisseur devrait essayer de trouver des sources de rendement dépendant d’autres facteurs de risque que les actions et les obligations d’État et avec une rémunération appropriée, par exemple des obligations pour risque de catastrophe, des hedge fund trackers ou la microfinance.

Conclusion : il n’existe pas de formule miracle

En fait, c’est le juste mélange des risques qui offre à l’investisseur une certaine protection face aux fluctuations des marchés et lui garantit des rendements positifs à long terme.

Portrait Claude Hess

A propos de l’auteur

Claude Hess est gestionnaire de portefeuille Multi Assets chez Swisscanto Invest, depuis 2015. Auparavant, il a travaillé dans la trésorerie de la Banque Cantonale de Zurich et en tant qu'analyste quantitatif dans une entreprise d'électricité. Claude Hess est titulaire d'une maîtrise en économie de l'Université de Zurich et du titre de Certified Financial Anayst (CFA).


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