Demande d'aides économiques compatibles avec le climat

Retour à la vue d'ensemble
Demande d'aides économiques compatibles avec le climat
Article de Gerhard Wagner publié le 22 septembre 2020 dans la catégorie Durabilité
La crise financière de 2008 et la remontée des émissions mondiales de CO2 qui a suivi ont clairement montré que l'impact des aides économiques sur le climat devait faire l'objet d'une évaluation. Le monde politique semble avoir appris la leçon, comme le montrent les programmes d'aide actuels pour lutter contre le coronavirus. Parallèlement à cela, une hausse des prix du CO2 est également nécessaire.

La crise du coronavirus a permis de réduire les émissions de CO2

La crise du coronavirus a conduit à une situation paradoxale. D'une part, la crise climatique et les mouvements comme Fridays for Future ont été relégués au second plan. D'autre part, les confinements imposés dans le monde entier ont involontairement transformé de nombreuses personnes en défenseurs du climat, notamment parce que celles-ci ont beaucoup moins volé et roulé. Selon les lien externe ouvre une nouvelle pageestimations actuelles de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les émissions de CO2 diminueront de l'ordre de 2 à 2,5 gigatonnes de CO2 à travers le monde cette année, ce qui correspond à plus de 5% des émissions annuelles de CO2.

Les programmes conjoncturels doivent être compatibles avec le climat

La question est maintenant de savoir si, en ce qui concerne les émissions de CO2, l'année 2020 ne sera qu'un creux dans la courbe des émissions de CO2 qui pointe vers le haut, ou si les émissions de CO2 pourront être réduites d'au moins 4% par an, ce qui est impératif pour atteindre l'objectif de l'accord de Paris en matière de protection du climat.

Une grande partie dépendra de la compatibilité climatique des programmes conjoncturels nécessaires en raison de la crise du coronavirus. La protection du climat nécessite des incitations pour assainir les bâtiments inefficaces sur le plan énergétique, promouvoir l'électromobilité ainsi que l'économie de l'hydrogène, et accélérer le développement des énergies renouvelables.

Enseignements tirés de la crise financière de 2008/2009

La comparaison avec la crise financière de 2008/2009 est intéressante : à l'époque, les émissions de CO2 ont diminué de 0,4 gigatonne. Pour lutter contre la crise économique, des plans de relance de 3,3 milliards de dollars américains (USD) ont été adoptés à travers le monde, dont 16%, soit 522 milliards de dollars américains, ont été investis dans des programmes conjoncturels verts, dont la majeure partie en Asie. L'accent a été mis sur l'infrastructure électrique et hydraulique ainsi que sur les énergies renouvelables.


Toutefois, les programmes d'aide à la protection du climat n'étaient pas suffisants. En 2010, les émissions de CO2 ont augmenté de 1,7 gigatonne pour atteindre de nouveaux sommets. Les primes à la casse pour les voitures ainsi que la construction de routes n'ont permis aucun changement de direction en ce qui concerne la protection du climat. La plupart des décideurs politiques ont pris conscience de la situation.

La position très claire du ministre allemand de l'Economie Peter Altmeier (membre du parti de la CDU) pendant la crise du coronavirus est exemplaire de ce changement de mentalité : « Je pense que nous devons comprendre la protection du climat comme le défi central et prioritaire de notre génération et agir en conséquence. » Altmaier veut concilier protection du climat et économie avec un « compromis historique ».

Plus d'argent pour des projets en faveur du climat

Selon lien externe ouvre une nouvelle pageune étude de Credit Suisse, les programmes conjoncturels annoncés pour lutter contre la crise du coronavirus représentent un total d'environ 10 000 milliards d'USD, soit environ trois fois plus que pendant la crise financière. Environ 5 000 milliards d'USD sont potentiellement investis dans des projets en faveur du climat, soit dix fois plus que pendant la crise financière. Ce chiffre reste cependant incertain, notamment en raison des évolutions aux Etats-Unis. Si le candidat démocrate Joe Biden est élu président des Etats-Unis, il déclare qu'il essaiera de promouvoir de manière ciblée la décarbonisation de l'économie américaine, contrairement à Donald Trump.

Introduction de nouvelles taxes CO2 ?

La voie vers un monde climatiquement neutre est coûteuse. Rien que pour l'Union européenne, les experts tablent sur des coûts annuels de 250 à 500 milliards d'euros. L'origine de l'argent n'est officiellement pas claire.

Selon nous, deux raisons principales pourraient entraîner une augmentation de la taxe CO2 : premièrement, une grande partie des économistes du climat s'accordent à dire que la protection du climat n'est pas possible sans une augmentation du prix du CO2. Deuxièmement, les Etats doivent compenser leurs dépenses en matière de protection du climat. Toutefois, la taxe CO2 ne devrait être prélevée que dans des secteurs qui ne font pas partie d'un commerce du CO2.

Impact considérable sur les évaluations des entreprises

Ottmar Edenhofer, directeur de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique et consultant du gouvernement fédéral allemand, demande un prix du CO2 de 130 euros par tonne d'ici 2030 pour atteindre l'objectif de l'accord de Paris sur le climat. Un tel prix aurait un impact considérable sur la valeur des entreprises et créerait des gagnants et des perdants à grande échelle. Les prix actuels du CO2 dans les échanges d'émissions de l'UE se situent entre 20 et 30 euros.

Les marchés financiers commencent à prendre en compte les risques de hausse des prix du CO2. Il existe cependant une incertitude quant aux hypothèses de hausse des prix du CO2. Du développement aux aides économiques compatibles avec le climat, suivant les régions, ce sont surtout des domaines tels que l'assainissement d'immeuble, l'électromobilité et les énergies renouvelables qui en profitent.

Catégories

Durabilité