Impact du coronavirus sur les actions de luxe

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Impact du coronavirus sur les actions de luxe
Article de Philipp Mettler publié le 31 janvier 2020 dans la catégorie Actions
La propagation continue du coronavirus est inquiète et provoque une volatilité élevée sur les marchés des actions. Les actions du luxe sont particulièrement sous pression. Nous sommes sous-pondérés dans ce secteur, mais nous percevons toutefois des opportunités d’entrée en cas d’accalmie.

Hong Kong : malgré des mois de manifestations et une chute brutale du nombre de visiteurs (-52% en décembre 2019 par rapport à l’année précédente), les actions du luxe ont dans l’ensemble connu une évolution plus favorable que celle du marché mondial des actions en 2019. Et ce, en dépit du fait que seulement 5 à 10% du chiffre d’affaires mondial du secteur du luxe aient été réalisés dans l’ancienne colonie de la Couronne britannique.

Mais avec la propagation continue du coronavirus (2019-nCoV) survenu en décembre dernier dans la mégapole chinoise de Wuhan, les perspectives commerciales des fabricants de produits de luxe se sont de nouveau assombries, et les cours des actions du luxe ont en partie subi de fortes pressions. S’agit-il uniquement d’un « refroidissement », ou faut-il s’attendre à des répercussions sur le long terme ? La comparaison avec le virus du SRAS de 2003, également originaire de Chine, semble évidente.

Un parallèle avec le SARS ?

En 2002/2003, la maladie infectieuse SRAS (severe acute respiratory syndrome), observée pour la première fois en novembre 2002 dans la province chinoise de Guangdong, avait provoqué l’agitation. Après son apparition, il avait fallu environ six mois pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonce la fin de l’alerte. Les ventes au détail avaient fortement chuté à Hong Kong durant cette période, mais elles s’étaient ensuite rapidement redressées. La croissance économique avait été sensiblement affaiblie à Hong Kong et en Chine (voir tableau).

Répercussions du SARS sur la croissance du PIB en 2003

Chine -1.1%
Hong Kong -2.6%
Japon -0.1%
Australie -0.1%
Etats-Unis -0.1%

Source : Estimating the global economic costs of SARS; Knobler S., Mahmoud A., Lemon S., et al., 2004

L’indice Hang Seng avait perdu près de 13% entre novembre 2002 et avril 2003, et les actions du luxe avaient également été sous pression. Toutefois, l’année 2003 avait été fortement marquée par d’autres facteurs, comme le début de la guerre d’Irak au printemps 2003. Il est donc difficile d’établir une comparaison entre 2003 et 2020. Une différence essentielle entre 2003 et aujourd’hui réside dans le fait que la part des Chinois dans la consommation mondiale de produits de luxe ne s’établissait qu’à un faible pourcentage à un chiffre en 2003, alors qu’elle représente aujourd’hui près d’un tiers, et constitue, selon les estimations, les trois quarts de la croissance escomptée du marché. Les répercussions sur l’industrie du luxe devraient donc être bien plus importantes aujourd’hui.

Le recul des cours semble exagéré

Les cours des actions du luxe se sont effondrés de près de 9% depuis mi-janvier 2020 (voir graphique). Pour déterminer si cette correction est justifiée, nous partons du principe qu’au premier semestre 2020, les consommateurs chinois ne dépenseront que la moitié de l’argent initialement prévu pour les produits de luxe, mais retrouveront leur comportement de consommation normal au second semestre de l’année. Ce scénario ferait baisser la croissance du chiffre d’affaires du secteur du luxe escomptée pour 2020 de 7 à 8% à près de 0%. Dans l’hypothèse d’un effet non récurrent, la valeur des entreprises du luxe devrait uniquement diminuer de quelques points de pourcentage. Mais les actions ont perdu plus, ce qui semble indiquer que l’on s'éloigne des valorisations supérieures à la moyenne historique, le marché estimant la situation du secteur plus négative.

Secteur sous-pondéré dans nos portefeuilles d’actions

En fin de compte, l’ampleur des répercussions du coronavirus dépendra du moment où la propagation du virus sera maîtrisée. Dans nos portefeuilles d’actions mondiaux, pour des raisons de valorisation, nous avions déjà sous-pondéré le secteur du luxe avant l’apparition de l’épidémie. Si la situation devait se normaliser dans les semaines à venir, les faiblesses actuelles des cours pourraient être utilisées pour acheter des valeurs du luxe. Compte tenu de la prospérité croissante des pays émergents, notamment de la Chine, les perspectives à moyen terme sont selon nous favorables.

Prix indexés et agrégés des actions de luxe

Source: Bloomberg; Swisscanto Invest: Cours moyen des actions Brunello Cucinelli, Burberry, Hermes, Kering, LVMH, Moncler, Salvatore Ferragamo

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