Inflation – le Réveil de la Force

Retour à la vue d'ensemble
Inflation – le Réveil de la Force
Article de Nicola Grass publié le 10 juillet 2020 dans la catégorie Marché actuel
La crise du coronavirus a un effet déflationniste à court terme. Pourtant, les fondements d'une augmentation de l'inflation à long terme sont jetés. Le marché financier sous-estime les risques d'inflation à long terme et la couverture contre l'inflation est donc actuellement très bon marché. Dans le cadre de notre solution Multi Asset, nous préférons les actifs réels tels que l'or, les obligations indexées sur l'inflation, les matières premières énergétiques, les actions de valeur et les petites capitalisations.

Déflation à court terme, inflation à long terme

Le choc du coronavirus a un effet déflationniste à court terme en raison d'un excès de l'offre. La hausse du chômage ou l'augmentation du taux d'épargne, par exemple, favorisent un affaiblissement durable de la demande. Au cours des 50 dernières années, les récessions ont toujours été déflationnistes. Cette fois encore, la situation ne sera guère différente à court terme. Toutefois, la présente crise a jeté les fondements d'une hausse à long terme du taux d'inflation.

Au cours de la dernière décennie, l'évolution démographique et la mondialisation croissante ont maintenu les taux d'intérêt et l'inflation à un faible niveau. La part du facteur travail dans le produit national brut s'est littéralement effondrée, les syndicats ont perdu de leur importance et les salaires sont restés bas. Ces forces déflationnistes sont désormais susceptibles de diminuer, au moins en partie. Le point culminant de la mondialisation a déjà été dépassé et Joe Biden, candidat aux élections présidentielles américaines, demande une augmentation du salaire minimum aux Etats-Unis. De plus, la productivité devrait encore baisser en raison des dizaines « d'entreprises zombies » qui ne sont pas en mesure de rembourser leurs coûts en capital, ce qui a également un effet inflationniste.

Jusqu'à présent, l'expansion massive des bilans des banques centrales n'a eu aucun effet inflationniste, car les contreparties des banques centrales étaient des banques et la liquidité n'a donc ni atteint l'économie réelle ni augmenté la vitesse de circulation de l'argent. Des concepts émergents tels que la théorie monétaire moderne (MMT), le Green New Deal ou « l'hélicoptère monétaire » (déjà mis en œuvre au Japon et à Hong Kong) vont changer la donne et entraîner une hausse de l'inflation des prix des marchandises. Le Réveil de la Force.

Les cours des marchés financiers ne prennent pas en compte l'inflation

Les prévisions inflationnistes mondiales se sont effondrées pendant la crise du coronavirus. A l'heure actuelle, le point mort d'inflation américain sur 10 ans se situe à 1,3%, bien au-dessous de l'objectif d'inflation de 2% de la FED. Au cours des 20 dernières années, le point mort d'inflation n'avait atteint un niveau aussi bas que lors de la crise financière de 2008. A l'époque, les prévisions d'inflation avaient connu une forte reprise en V et les investisseurs qui avaient misé sur les TIPS (Treasury Inflation Protected Securities) ont pu réaliser des bénéfices substantiels. Le marché sous-estime clairement les risques d'inflation à long terme. Par conséquent, la couverture contre l'inflation est actuellement très bon marché.

Les actifs réels : une protection contre la hausse de l'inflation

Les valeurs réelles sont celles qui profitent le plus de la hausse des taux d'inflation. Les matières premières, en particulier énergétiques, semblent être la meilleure couverture contre l'inflation. En ce qui concerne les actions, les actions de valeur et les petites capitalisations ont le plus profité de la situation. Le bêta des métaux précieux et des TIPS est également positif tandis que les obligations nominales seraient, comme prévu, les perdantes de la hausse de l'inflation.

Illustration : bêta d'inflation

L'illustration 2 montre les rendements réels historiques annualisés des différentes catégories d'actifs dans différentes configurations inflationnistes. Les matières premières sont les grandes perdantes de la situation actuelle, mais elles deviennent fortement bénéficiaires lorsque l'inflation est déjà élevée et continue à augmenter. Dans cette configuration, les obligations d'Etat nominales ne génèrent que des rendements très faibles et les actions ont également un rendement inférieur à la moyenne. Les matières premières sont donc importantes pour la diversification d'un portefeuille Multi Asset classique, surtout dans une telle phase. Bientôt, nous devrions passer à une situation d'inflation « faible et croissante » qui, par le passé, a beaucoup profité aux actions.

Illustration : rendements historiques dans diverses situations d'inflation (annualisés)

En conclusion :

Il est très difficile de savoir exactement quand les craintes inflationnistes se manifesteront. Nous sommes cependant sûrs d'une chose : il a rarement été aussi bon marché de se protéger contre l'inflation qu'aujourd'hui. Comme il existe également des arguments convaincants en faveur d'un taux d'inflation plus élevé à long terme, nous saisissons cette opportunité d'investir de manière ciblée dans des actifs réels au détriment des valeurs nominales. Nous investissons donc dans nos mandats spéciaux Multi Asset dans l'or, les obligations indexées sur l'inflation, les matières premières énergétiques, les actions de valeur et les petites capitalisations.

Catégories

Marché actuel