Coronavirus : bilan après une semaine boursière difficile

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Coronavirus : bilan après une semaine boursière difficile
Article de Rocchino Contangelo publié le 27 février 2020 dans la catégorie Actions
La propagation mondiale du coronavirus a conduit à une consolidation du niveau élevé des cours et des val-orisations sur les bourses du monde entier. S’agit-il des prémices d’une correction durable ou peut-on y voir des opportunités d’entrée intéressantes ? Nous examinerons les effets sur les différents secteurs.

Après que les marchés des actions hors de Chine se sont longtemps montrés immunisés contre le coronavirus, la propagation du virus à tous les continents a maintenant provoqué de fortes réactions. Par exemple, le MSCI World a perdu plus de 6% ces cinq derniers jours. Avec l’arrivée du coronavirus en Suisse, le SMI a enregistré des pertes encore plus élevées au cours de la semaine.

Baisses des chiffres d’affaires et révisions de bénéfices

Toutefois, les premières révisions à la baisse des bénéfices de différentes entreprises indiquent que d’importantes baisses de chiffres d’affaires ainsi qu'un ralentissement de la croissance économique mondiale sont à prévoir.

Quels sont les actions et secteurs à éviter ?

Nous nous abstenons actuellement de réaliser de nouveaux investissements dans les secteurs ou titres directement concernés, tels que le secteur du voyage, le secteur des biens de consommation durables et les valeurs financières très sensibles au marché. Les secteurs plus défensifs et les entreprises pharmaceutiques qui proposent déjà un médicament pour traiter les maladies induites par le coronavirus offrent des opportunités. Voici les effets sur des secteurs boursiers sélectionnés :

Effet notable sur la demande de consommation

Le secteur de la consommation, en particulier les produits de luxe, est particulièrement touché par le coronavirus. Les attentes de croissance dans les domaines des cosmétiques, de l’automobile et des marques de sport sont également étroitement liées à la marche de l’économie chinoise.

L’impact exact du coronavirus dans le nord de l’Italie et de l’augmentation du nombres de cas dans toute l’Europe est actuellement difficile à évaluer. Tout dépend de la force de propagation de la maladie et de la rapidité de diminution du nombre de cas recensés. Il est cependant incontestable que les mesures de quarantaine et les restrictions imposées à la vie publique en Asie et en Europe entraînent des incertitudes et que la propension des acteurs économiques, en particulier des consommateurs, à acheter est donc compromise. Et ce sont précisément les consommateurs dépensiers qui avaient récemment assuré un degré décent de stabilité économique dans de nombreux pays.

Chaînes d’approvisionnement mondiales

Jusqu’à présent, il est difficile d’évaluer dans quelle mesure les chaînes d’approvisionnement interconnectées au niveau mondial seront perturbées. La capacité de livraison des produits pourrait être compromise, voire bloquée. La Chine est et reste un acteur extrêmement important, puisqu’elle représente environ un tiers de la production mondiale. L’Italie joue un rôle considérable en tant que site de production pour de nombreux fabricants de produits de luxe (dont Ferragamo, Tod’s, Prada et Brunello Cucinelli).

Philipp Mettler, analyste Actions des biens de consommation :

Les lourdes pertes subies par les actions du luxe depuis l’apparition du virus nous semblent exagérées dans une perspective à long terme, et nous pensons que de nouvelles baisses des cours offriront des opportunités d’achat dans ce domaine. Les grandes chaînes hôtelières, telles que Hilton, Accor et IHG, dont les cours boursiers ont été mis sous pression, dépendent certes peu des affaires en Chine, mais la propagation du virus en Europe ou dans le monde pourrait exercer une pression supplémentaire sur les bénéfices et donc sur les cours. Les trois principales compagnies de croisières, Carnival, Royal Caribbean et Norwegian Cruise Line, ont été les plus sévèrement pénalisées jusqu’à présent. La mise quarantaine des navires de croisière a évidemment un effet dissuasif sur la clientèle et donc aussi sur les actionnaires.

Du côté des gagnants, on trouve actuellement en bourse des actions d’entreprises proposant des formations initiales et continues en ligne. Ces actions ont récemment connu une forte hausse.

Ben Hauzenberger, analyste Technologie :

L’influence du coronavirus sur le secteur technologique et industriel axé sur la croissance est considérable, analyse Ban Hauzensberger, gestionnaire de portefeuille. La Chine est souvent le premier maillon d’une vaste chaîne de production et d’approvisionnement pour le matériel technologique, les semi-conducteurs et diverses autres industries. Ainsi, toute perturbation de la chaîne d’approvisionnement et logistique entraîne des difficultés considérables au niveau de la production finale. Il n’est donc pas surprenant que plusieurs entreprises technologiques aient déjà annoncé des avertissements sur les bénéfices pour le premier trimestre 2020.

Les entreprises de services sont moins touchées par les événements actuels, car elles proposent à leurs collaborateurs de travailler à domicile plutôt qu’au bureau. Les fournisseurs de logiciels qui prennent en charge des solutions de télétravail, tels que Citrix, sont donc très demandés sur le marché boursier. Les entreprises des secteurs des réseaux sociaux, du divertissement et des jeux vidéo profitent également du virus.

Robert Hauser, analyste Transport et logistique :

Les compagnies aériennes et les entreprises de logistique sont actuellement fortement malmenées sur le marché boursier et subissent une pression supplémentaire à chaque fois qu’un nouveau pays signale des infections au coronavirus. Le 20 février, l’Association internationale du transport aérien (IATA) prévoyait encore une baisse de 0,6% du nombre de passagers dans le monde en 2020, les infections étant alors encore limitées uniquement à l’Asie. Mais même ce chiffre a constitué un sérieux recul par rapport aux prévisions initiales de l’IATA de 4,1% pour 2020. A présent, il faut s’attendre à une nouvelle détérioration des prévisions.

Andreas Giger, analyste Branche financière

Les résultats des banques dépendent fortement de la situation conjoncturelle générale. Néanmoins, la perspective d'une récession mondiale déclenchée par le coronavirus nous semble jusqu'ici très peu probable. Le secteur des assurances dans son ensemble est moins dépendant de la situation conjoncturelle générale que le secteur bancaire, qui réagit de manière sensible à l’évolution des marchés financiers et aux fluctuations des placement patrimoniaux. Au cours des 20 dernières années, cet effet a cependant toujours été surestimé en période d’incertitude.

Secteur de la santé : recherche active de thérapies

L’émergence du coronavirus a entraîné la recherche active de pistes de traitement et de vaccin. Actuellement, les patients atteints du coronavirus se voient prescrire comme traitement standard de l’oseltamivir (notamment le Tamiflu du groupe Roche) en association avec des antibiotiques et des corticostéroïdes. Il s’agit de sprays pulmonaires contenant de la cortisone, qui proviennent de fabricants tels que GlaxoSmithKline ou Teva. Selon l’OMS, l’entreprise biotechnologique américaine Gilead, qui a également élaboré le Tamiflu, est actuellement la plus avancée dans la recherche et la mise au point d’un vaccin contre le coronavirus.

Certaines entreprises de biotechnologie, de petite et grande taille, mènent déjà des essais cliniques pour un vaccin ou un traitement médicamenteux contre le coronavirus. En raison du degré élevé d’incertitude concernant l’efficacité et les effets indésirables des nouveaux médicaments, les engagements dans les microentreprises ont un caractère hautement spéculatif. Nous nous concentrons exclusivement sur les entreprises ayant un portefeuille de produits éprouvé et diversifié.

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