Les obligations high yield dans la tourmente

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Les obligations high yield dans la tourmente
Article de Susanne Kundert publié le 08 avril 2020 dans la catégorie Obligations
Les marché des obligations à haut rendement est en « état de choc » depuis le déclenchement de la pandémie de coronavirus. Le marché primaire a été provisoirement fermé et les spreads sur le marché secondaire ont été très importants. Malgré quelques lueurs d'espoir, nous nous attendons à ce que l'environnement demeure difficile.

Le premier trimestre 2020 a commencé par une forte hausse du marché high yield. Mais cette euphorie initiale a pris fin brutalement avec l'éclatement de la crise du coronavirus qui a entraîné la correction la plus brutale jamais enregistrée jusqu'à présent. Depuis qu'il a atteint son point bas à la mi-mars, le marché a réussi à se redresser dans une certaine mesure. Cependant, la liquidité constitue toujours un défi, que vous soyez acheteur ou vendeur.

Hausse des taux de défaillance

Le secteur de l'énergie et des obligations liées à l'énergie a subi des pertes particulièrement fortes, avec une baisse des cours d'environ 40% en moyenne. Cette situation est due aux effets combinés de la pandémie de coronavirus et du choc d'offre provoqué par la forte chute des prix du pétrole. Les secteurs des jeux et loisirs et des transports ont par ailleurs été les plus grands perdants, tandis que ceux des services publics et de la technologie ont été les plus performants. Le taux de défaillance a entre-temps atteint son niveau le plus élevé depuis janvier 2017, et se situait fin mars à 3,54%. Dans le secteur de l'énergie, il est actuellement de 9,76%, et s'établit à 2,35% dans les obligations hors énergie.

Premiers signes positifs

Début mars, les fonds high yield ont enregistré des sorties de capitaux de plus de 13 milliards de dollars au total. A la fin du mois, la situation s'est à nouveau calmée et quelques afflux de capitaux ont même été enregistrés. Le marché des nouvelles émissions s'est lui aussi lentement rouvert. Même si ces signes sont encourageants, nous sommes encore loin d'un retour à la normale. Les évaluations actuelles reflètent un scénario de récession dans lequel les investisseurs sont indemnisés pour des taux de défaillance supérieurs à 10%. L'expérience passée a montré qu'avec des primes de risque high yield à ces niveaux, les investisseurs ont à chaque fois réussi à obtenir des rendements intéressants l'année suivante.

Hausse des « Fallen Angels »

Les effets du coronavirus se traduisent par un niveau élevé d'endettement des entreprises. Les agences de notation ont maintenant commencé à examiner les titres les plus faibles et les secteurs les plus touchés, comme l'automobile, l'énergie et la vente au détail, et ont rétrogradé certaines entreprises dans la catégorie des obligations à haut rendement. Leur inclusion dans l'indice en avril sera un test pour les marchés, car ces sociétés sont de grands émetteurs. Nous prévoyons que le volume des « Fallen Angels » continuera à augmenter, tandis que les émetteurs BBB restants devront se battre d'arrache-pied pour conserver leur notation Investment Grade.

Signes encourageants en provenance de Chine

Pendant ce temps, en Chine, les premières données montrent des signes encourageants de reprise économique dans le pays. De nombreux indicateurs permettent de conclure que l'économie chinoise a atteint son point bas à environ 30% en février et qu'elle est revenue aujourd'hui à approximativement 70% de sa capacité de production d'origine. En supposant qu'une évolution similaire se dessine dans les pays développés, nous partons du principe que nous serons revenus entre 80 et 90% de notre capacité de production initiale au 4e trimestre 2020.

Faire preuve de patience et de prudence compte tenu de l'incertitude

Compte tenu des répercussions durables de la pandémie de COVID 19, nous partons du principe que l'environnement des marchés de crédit demeurera difficile pendant les prochains trimestres. La question de savoir si les programmes annoncés par les gouvernements et les banques centrales seront suffisants dépendra de la durée pendant laquelle l'économie sera paralysée. Ces évolutions sont très difficiles à estimer à l'heure actuelle. Les derniers chiffres en provenance d'Europe permettent néanmoins de conclure que les mesures prises contribuent à endiguer l'épidémie. Il faudra cependant faire preuve d'une grande prudence pour surmonter avec succès cette épreuve sans précédent.

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