Les obligations à haut rendement restent fortes

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Les obligations à haut rendement restent fortes
Article de Roland Hausheer publié le 11 février 2020 dans la catégorie Obligations
Même après la performance exceptionnelle de l'année 2019, le portfolio manager Roland Hausheer reste optimiste pour le segment high yield. Son opinion repose sur le scénario de base des spécialistes en macro-économie, qui jugent assez probable la poursuite du cycle conjoncturel à des taux de croissance très modérés, accompagnée d'une hausse limitée des rendements pour les emprunts d'Etat.

Tant que les conditions macro ne se détérioreront pas, les achats d'actifs par les banques centrales et la chasse aux rares rendements positifs devraient créer des conditions techniques stables pour le segment du haut rendement.

Evaluation des segments de notation

Aux Etats-Unis, nous préférons les placements notés B, parce que l'évaluation BB nous semble trop élevée et que l'environnement économique n'est pas assez solide pour justifier des achats d'emprunts notés CCC. En Europe, les emprunts BB sont moins surévalués qu'aux Etats-Unis, mais ils le sont tout de même. Nous misons donc en Europe aussi sur les titres notés B, qui devraient offrir des rendements supérieurs à ceux des titres notés BB.

Risque de crédit ou risque de taux ?

Les obligations d'entreprise à longue échéance sont exposées au risque d'accentuation de la courbe des taux. C'est pourquoi nous préférons le risque de crédit au risque de taux.

Les taux de défaillance n'ont guère de raison d'augmenter

Le taux de défaillance des obligations high yield américaines a augmenté à 3,1% fin 2019. Sans les obligations du secteur des matières premières, il s'élève pourtant à 1,28% seulement. Le taux de défaillance moyen à long terme atteint 3,46% pour les obligations high yield américaines. « Pour l'instant, nous ne voyons pas pourquoi ils augmenteraient. En Europe, le taux de défaillance évoluera aux alentours de 2% cette année encore. Les fondamentaux européens ne se sont dégradés que très légèrement et l'activité de refinancement a été intense ces dernières années. C'est la raison pour laquelle les bilans livrent des chiffres solides en matière de financement par emprunt. Qui plus est, les marchés des capitaux devraient rester faciles d'accès.

Volume d'émissions attendu

Pour l'année 2020, nous attendons un volume d'émissions net global de 100 milliards d'USD pour le segment du haut rendement (contre 69 milliards en 2019). Il s'agirait du troisième plus faible volume depuis le cycle de crédit débuté en 2009, et il se situerait à 40% au-dessous des volumes des années 2013 à 2015. De quoi conforter encore l'hypothèse que le marché du high yield reste techniquement vigoureux. Si une grande partie des émissions doit revenir aux refinancements, les financements liés à des fusions et acquisitions vont augmenter.

2020 : les gestionnaires actifs mis à l'épreuve

Le scénario de base, qui prévoit une hausse modérée des rendements des emprunts d'Etat et une économie stable, devrait normalement soutenir la reprise d'un risque supérieur à la moyenne. Par conséquent, nous nous attendons à ce que les obligations notées B offrent le meilleur compromis entre rendement, sensibilité limitée aux taux et risques propres aux entreprises. La capacité des acteurs de la gestion active à accepter ou refuser le risque en fonction du moment jouera un rôle décisif en 2020.

Comme prévu, l'année 2020 a commencé sur les chapeaux de roue pour les obligations high yield et de manière générale pour les classes d'actifs risquées. Cette euphorie initiale a cependant été douchée par la survenue et la propagation de l'épidémie de coronavirus. Mais nous pensons que la diffusion du virus pourra à terme être contrôlée et stoppée, et jugeons temporaire la correction actuelle.

Risque d'accentuation des courbes de taux

Les obligations notées B, en particulier, offrent un beau potentiel de primes de risque limitées, tandis que les obligations BB sont toujours survalorisées, même après la légère correction de ces deux dernières semaines. Du côté monétaire, nous attendons de la part de la BCE un durcissement de la politique budgétaire des différents pays européens et donc, une accentuation de la courbe des taux, qui bénéficierait aux obligations high yield. En revanche, les obligations investment grade en pâtiraient, à cause de leur très longue duration. Aux Etats-Unis aussi, une accentuation de la courbe représente un risque. L'amélioration des données macro permettra de relever quelque peu les prévisions d'inflation.

Une sélection attentive des émetteurs, des liquidités suffisantes dans le portefeuille et la surveillance étroite des données macro et fondamentales restent de mise pour réagir aux éventuels revirements d'humeur.

Les obligations à haut rendement sont assez rares aujourd'hui

Émissions brutes dans le domaine du haut rendement en USD par an en milliards

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