Le coronavirus infecte les marchés développés

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Le coronavirus infecte les marchés développés
Article de Phil Gschwend publié le 25 février 2020 dans la catégorie Marché actuel
Environ 2 600 personnes sont mortes en Chine des suites d'une infection par le coronavirus, et plus de 77 000 sont considérées comme infectées. L'épidémie se propage maintenant en dehors de la Chine. Outre la Corée du Sud, la nouvelle maladie pulmonaire Covid-19 a atteint l'Italie le week-end du 22-23 février et n'a cessé depuis de perturber les marchés financiers. Les marchés boursiers ont beaucoup plus souffert que lorsque la maladie a éclaté en Chine.

Variation des prix de certains indices boursiers après le déclenchement de l'épidémie (en %)

Source : Swisscanto Invest, Bloomberg

 

En bourse, ce n'est pas tant le virus lui-même qui est préoccupant, mais plutôt l'effet économique qui résulte, ou pourrait résulter, de la propagation de la maladie en Europe. Il est à craindre que les mesures de quarantaine ne paralysent l'économie et le tourisme. C'est pourquoi la propagation du virus dans le nord de l'Italie est surveillée de très près. Une éventuelle mise en quarantaine de Milan, ville financière, qui représente environ un quart du PIB italien, aurait de graves répercussions sur l'économie italienne, déjà affaiblie, et donc aussi européenne.

 

En dehors de la Chine, les nouvelles infections sont en augmentation

Source : John Hopkins University, 25. Février 2020

Le développement en Chine montre la voie à l'Europe aussi

Lorsque le taux de croissance des nouvelles infections en Chine a commencé à se stabiliser, les marchés boursiers chinois se sont rapidement redressés. Nous prévoyons une reprise économique complète au cours du deuxième trimestre de cette année. Les raisons de la reprise rapide du marché boursier chinois étaient non seulement la baisse des nouvelles onfections et le bon taux de récupération parmi les personnes touchées, mais aussi

  • l'intervention monétaire de la banque centrale chinoise, et
  • la relance budgétaire.

La reprise boursière a eu lieu après les premiers redressements et peu avant que le nombre de nouvelles infections n'atteigne son maximum

Source : Swisscanto Invest, Bloomberg

Un scénario similaire est envisageable en Europe. Toutefois, contrairement à la Chine, il est peu probable que la Banque centrale européenne intervienne fortement. En outre, le sentiment des investisseurs est encore largement positif, ce qui pourrait changer rapidement si le taux d'infection dans les pays développés augmente. Il faut donc s'attendre à une volatilité accrue dans les prochains jours. Dans l'ensemble, nous estimons que la forte réaction du marché est exagérée et nous voyons des possibilités d'achat dès que la situation se stabilise.

Cette fois-ci n'est pas différente

Les épidémies passées ont montré que l'impact sur l'économie a été sévère mais de courte durée. Même dans le cas de la Chine, qui a jusqu'à présent été la plus touchée par le virus, notre évaluation de cette crise et de son impact sur la deuxième économie mondiale n'est pas différente des crises passées. Nous prévoyons donc un premier trimestre faible, mais nous attendons une compensation au deuxième trimestre et estimons que la probabilité d'une récession mondiale est très faible.

Epidémies et impact sur le marché

Virus Nombre de décès Impact sur le marché
Grippe porcine (2009) 575 400 Peu ou pas d'impact (jusqu'à 50 millions de décès prévus)
Ebola (2014) 11 325 Aucun (la plupart des cas en Afrique)
MERS (2012) 858 Aucune
SRAS (2003) 774 Simultanément à la guerre en Irak, aux prix élevés du pétrole et à la fin du marché boursier baissier
Influenza aviaire (2005) 455 Impact minimal, autres influences plus importantes

Source : Longview Economics, Organisation mondiale de la santé

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