Crise du coronavirus : des aides publiques pour soulager les start-up suisses

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Crise du coronavirus : des aides publiques pour soulager les start-up suisses
Article de Claudia Petersen publié le 07 mai 2020 dans la catégorie Private Markets
Un écosystème de start-up vital est essentiel pour l'avenir de la Suisse, car c'est là que se créent les performances technologiques et les emplois de demain. Actuellement, les jeunes entreprises sont confrontées à une pression considérable due à la crise du coronavirus. Le gouvernement suisse a réagi à la pénurie imminente de liquidités des start-up en mettant en place, fin avril, des mécanismes de crédit supplémentaires pour répondre aux besoins spécifiques de l'écosystème de start-up. Les demandes de support peuvent être soumises à partir du 7 mai.

Dans une enquête récente menée auprès de 660 jeunes entreprises, 53% d'entre elles ont déclaré que la crise du coronavirus constituait pour elles une menace existentielle. 70% ont répondu que le mécanisme de crédit instauré pour les PME par le gouvernement fédéral et les banques en réponse à la crise du coronavirus n'était pas suffisant pour répondre à leurs besoins et leur situation particulière (source : VentureLab, Preliminary Corona Survey, mars 2020).

Cette menace pour leur existence est en train de se désamorcer. Le 30 avril, des financements transitoires d'un montant maximum de 154 millions de francs spécialement conçus pour le secteur des start-up ont été débloqués au niveau fédéral, et sont maintenant opérationnels. Sur cette somme, 100 millions de francs sont pris en charge par la Confédération, le reste par les cantons. Vous trouverez ici de plus amples détails sur la nouvelle lien externe ouvre une nouvelle pageréglementation mise en place.

Les start-up ont besoin de nouveaux cycles de financement

Cette aide en matière de liquidités sous forme de crédits est non seulement immensément importante pour assurer la survie des start-up, mais c'est aussi un pas dans la bonne direction pour rétablir la confiance des investisseurs privés dans les jeunes entreprises. Le fait est que tant qu'il n'y aura pas de visibilité en ce qui concerne le développement des affaires en raison de la crise du coronavirus, il y aura beaucoup moins de nouveaux cycles de financement. Les chiffres du secteur publiés par lien externe ouvre une nouvelle pagewww.startups.ch dans le cadre du rapport pour le 1er trimestre 2020 démontrent déjà clairement ce développement. Il existe clairement le danger suivant : sans visibilité et sans évaluation, pas de nouveaux investisseurs, et sans nouveaux investisseurs, pas d'évaluation. Les aides actuellement mises en place sont donc nécessaires non seulement pour surmonter cette phase d'incertitude, mais aussi pour rétablir la confiance des investisseurs dans les entreprises plus tôt que ce ne serait le cas sans le train de mesures du gouvernement fédéral. Toutefois, il n'est pas encore possible de dire si les aides annoncées seront suffisantes, étant donné que nul ne sait combien de temps la crise durera.

Private Equity : à quand le retour des investisseurs ?

Combien de temps faut-il généralement pour que les investisseurs privés reprennent confiance et soient prêts à investir dans de nouveaux cycles de financement ? Pour répondre à cette question, il suffit de regarder en arrière (voir graphique). Le graphique montre qu'il a fallu plusieurs années, aussi bien après l'éclatement de la bulle Internet qu'après la crise financière, pour que les volumes de financement reviennent à leur niveau d'avant la crise. Les indicateurs de tendance actuels, lien externe ouvre une nouvelle pagetirés de sondages sur la scène du capital-risque aux Etats-Unis, suggèrent que les choses pourraient cette fois aller plus vite.  Mais ces indicateurs concernent le climat américain actuel et ne peuvent pas être transposés tels quels à l'Europe ou à la Suisse.

Nous partons du principe que les aides en matière de liquidités désormais mises en place en Suisse aideront à rétablir la confiance des investisseurs plus rapidement que lors des deux autres crises. Si la crise du coronavirus devait se prolonger contre toute attente, les aides, jusqu'ici temporaires, devraient certainement être étendues.

Un soutien plus important à l'écosystème de start-up en Allemagne et en France

L'écosystème de start-up suisse, qui s'est développé au cours des dix dernières années, est menacé. Ce serait une perte immense pour le pays, son économie et sa position concurrentielle à l'avenir. Nous devrions prendre des mesures similaires à celles prises par nos voisins en Allemagne, où les start-up dont l'évaluation est inférieure à 50 millions d'euros peuvent bénéficier d'un « fonds de stabilisation de l'économie » de 600 milliards d'euros, et en France, où un fonds de 4 milliards d'euros a été créé pour soutenir les jeunes entreprises pendant la crise afin qu'elles puissent continuer à se développer par la suite. Les deux pays ont reconnu que leurs écosystèmes de start-up étaient essentiels pour leur compétitivité économique future et leur croissance, et que les start-up jouaient un rôle important dans la création de nouveaux emplois. Il est également crucial pour la Suisse de soutenir cet écosystème critique. Sinon, l'écosystème de start-up (fondateurs, universités, Innosuisse, fondations, organisations de soutien et investisseurs) qui s'est constitué au cours de la dernière décennie sera en danger et le restera.

Graphique : Combien de temps mettent les investisseurs privés à revenir après une crise ?

Informations sur le volume annuel des cycles de financement en milliards de dollars

Source : Pitchbook

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