La crise Covid19 : flexibilité sur la base de l'approche Absolute Return

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La crise Covid19 : flexibilité sur la base de l'approche Absolute Return
Article de Thomas Kirchmair publié le 23 avril 2020 dans la catégorie Obligations
Le Covid 19 a mis le monde sens dessus dessous. Les autorités comme les acteurs des marchés financiers ont largement sous-estimé la vitesse de propagation et les conséquences de la maladie. L'affaiblissement des perspectives économiques et la hausse de l'endettement requièrent une approche flexible de la part des investisseurs Fixed Income.

Au cours des dernières années, la communauté des investisseurs s'est cru en sécurité du fait des interventions massives des banques centrales. La volatilité croissante a souvent été étouffée dans l'œuf par des mesures appropriées.

Les investisseurs étaient supposés pouvoir investir sans risque dans des obligations Investment Grade, et ont alors augmenté la demande qui a été satisfaite en conséquence. Le taux d'endettement des entreprises américaines du secteur Investment Grade, notamment, a ainsi fortement progressé ces dernières années. La Banque centrale européenne, en tant qu'acteur du marché non sensible aux prix, a également contribué, par ses achats d'obligations d'entreprises, à une forte augmentation de l'endettement et donc des stratégies de placement risquées. La dette mondiale, qui atteignait déjà 350% de la performance économique avant la pandémie, devrait encore s'accroître de manière spectaculaire.

Ventes massives sur les marchés obligataires

Les mesures de confinement parfois radicales prises à l'échelle mondiale pour endiguer le Covid-19 ont provoqué un choc économique mondial, encore renforcé par l'effondrement des prix du pétrole (dû à la guerre des prix au sein de l'OPEP+). Nous devons à présent faire face à une période douloureuse de récession, dont la durée et la profondeur sont difficiles à prévoir.

Le choc du Covid a engendré des ventes massives sur les marchés obligataires. Les sorties de fonds les plus importantes ont notamment été enregistrées pour les obligations Investment Grade, une tendance renforcée par les ordres de vente procycliques concernant les ETF. Le marché obligataire s'est très rapidement asséché, et la montée en flèche de la volatilité dans tous les segments a abouti à des appels de marge et à la nécessité de créer des liquidités. Par la suite, des catégories d'actifs prétendues sûres, telles que les titres d'Etat américains ou les lettres de gage suisses, ont été soumises à de fortes pressions à la vente. L'ombre de la grande crise des marchés financiers a soudainement été à nouveau omniprésente.

Un vaste filet de sécurité

Pour éviter l'effondrement de l'économie et l'émergence d'une nouvelle crise financière, les gouvernements et les banques centrales du monde entier ont été contraints d'agir et de lancer des programmes d'aide colossaux pour soutenir le crédit et le chômage partiel. Mais ces mesures permettant d'éviter un arrêt total de la vie économique à court et moyen terme devraient malheureusement engendrer une augmentation de la dette globale de l’ordre de 20 à 40% de la performance économique mondiale.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé un programme supplémentaire d'achat d'urgence face à la pandémie (Pandemic Emergency Purchase Programme - PEPP), et la Fed est également intervenue en achetant des ETF Investment Grade sur les marchés, qui avaient atteint un niveau de stress très élevé. Le président de la Fed, Jerome Powell, a annoncé peu de temps après sa « coopération » avec le Trésor américain, et la Fed sera également active sur le marché des obligations à haut rendement. La Fed mettra par ailleurs également en place une ligne de crédit directe pour les petites entreprises. lien externe ouvre une nouvelle pageLa théorie monétaire moderne n'est ainsi plus une simple théorie, elle a de toute évidence déjà été mise en pratique. L'abaissement des taux d'intérêt américains à 0% n'est maintenant plus qu'un détail. Le marché a fait confiance à ce nouveau filet de sécurité : les primes de risque se sont réduites presque aussi rapidement qu'elles se sont accrues, bien que nous ne soyons qu'au début d'une profonde récession et que le chemin qui nous conduira à la reprise, tout comme son tracé, sont entachés d'incertitudes.
Les données en provenance de la Chine suggèrent que le secteur des biens devrait être en mesure de réaliser ce que l'on appelle une reprise en forme de V, tandis que les consommateurs et leur soif de consommer connaîtront en revanche une longue période de convalescence. Etant donné que c'est surtout le secteur de la consommation qui a soutenu la croissance mondiale ces dernières années, la reprise économique après la récession due au coronavirus sera probablement inférieure à la moyenne.

Des conséquences peu claires

Les interventions massives sur les marchés conduiront, comme toujours, à de mauvaises allocations : les conséquences sont difficiles à évaluer. A la suite de la crise financière mondiale qui a éclaté il y a dix ans, le secteur bancaire a été contraint de se soumettre à un corset réglementaire étroit, ce qui a permis aux banques d'être relativement bien placées pour la récession à venir du fait du niveau élevé de capitaux propres qu'elles ont accumulés. Cependant, le revers de la médaille est que les banques n'ont à présent qu'une capacité limitée à prendre des risques dans leurs comptes. La conséquence directe de cette vaste absence de risques se fait par exemple sentir sur les marchés obligataires - no bids and no offers ! Il est ainsi difficile pour les gestionnaires de portefeuille d'obtenir des prix pertinents.

La tentative de maintenir le circuit économique en mouvement grâce à un soutien financier massif a pour le moment un sens. Toutefois, on peut se demander comment les nouveaux apports de liquidités seront en fin de compte utilisés. De manière productive ? Ou ce capital restera-t-il plutôt improductif en ayant au final un effet déflationniste ? Une croissance durable et la réalisation de l'objectif d'inflation ne devraient être possibles que si les modèles d'affaires trop faibles sont (ou peuvent être) écartés du marché.

Les solutions de placement Absolute Return flexibles comportent des avantages

Nous attendons avec impatience, aujourd'hui et dans les prochains mois, les réactions du marché aux mesures prises.

En des temps aussi incertains, des solutions de placement flexibles peuvent présenter des avantages. Sans le corset d'un benchmark, nous pouvons intégrer des stratégies qui maintiennent la volatilité à un bas niveau sur les marchés difficiles, par exemple en utilisant des options put sur un indice d'obligations Investment Grade et High Yield, que nous pouvons également liquider de manière flexible. Nous pouvons en outre librement choisir les débiteurs et leur pondération dans le portefeuille.

Bien que les cours des marchés intègrent déjà aujourd'hui un net redressement après la crise, d'autres érosions des prix semblent encore possibles. Nous restons flexibles et agissons ou réagissons conformément à notre évaluation dans le cadre du processus d'investissement.

Nous maintenons actuellement le risque de taux d'intérêt à un niveau modéré, avec une duration moyenne de 3,5 ans, et nous concentrons nos investissements sur les entreprises des pays développés notées Investment Grade. En ce qui concerne le segment High Yield et les placements sur les marchés émergents, nous restons en retrait et attendons les évolutions futures sur les marchés des matières premières.

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