Les actions restent demandées malgré l'épée de Damoclès de la 2e vague épidémique

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Les actions restent demandées malgré l'épée de Damoclès de la 2e vague épidémique
Article de Stefano Zoffoli publié le 04 mai 2020 dans la catégorie Allocation d'actifs
La prime de risque des actions s'élève actuellement à 4% (mesurée par rapport au MSCI). C'est une valeur très élevée. Ces dernières années, cette configuration a toujours fortement soutenu les actions. En association avec les niveaux élevés de liquidité détenus par les investisseurs, elle apporte un certaine protection en cas de remontée éventuelle des taux de contamination. Nous maintenons pour le moment une pondération neutre en ce qui concerne les actions.

Après les lourdes pertes enregistrées en mars sur les marchés des actions, le mois d'avril est entièrement placé sous le signe de la reprise. Les interventions historiques des banques centrales et des gouvernements, le recul du nombre de personnes nouvellement contaminées et la réouverture progressive de l'économie ont entraîné une forte reprise des actions. Le marché américain des actions, grâce à des hausses de cours de plus de 30% depuis les niveaux planchers de fin mars, a rattrapé plus de la moitié des pertes massives d'origine.   Le SMI connaît également une forte reprise depuis ses niveaux planchers. Le pire est-il derrière nous ou s'agit-il simplement d'un rebond technique de marché baissier ?

D'après nos dernières prévisions, l'économie mondiale se contractera d'environ 3,4% en 2020. Cependant, le marché boursier a largement contribué à cette baisse. Il nous semble actuellement plus important de savoir si et dans quelle mesure les capacités inutilisées peuvent être remobilisées. Tant dans le secteur manufacturier que du côté des consommateurs, nous constatons une volonté de revenir le plus vite possible à la normale. Une deuxième vague avec un confinement plus strict serait un coup dur compte tenu du climat d'optimisme.

Nous avons soigneusement soupesé les opportunités très volatiles par rapport aux risques qui nous attendent dans le cadre de la lutte continue contre la crise du coronavirus et nous avons actuellement opté pour une quote-part d'actions neutre. Compte tenu de cette quote-part d'actions neutre, nous mettons l'accent sur les régions et les secteurs : nous continuons à nous concentrer sur la Suisse, les marchés émergents, les produits pharmaceutiques, l'informatique et l'Australie, mais nous vendons maintenant des actions de Hong Kong. L'or demeure une position importante dans les portefeuilles en tant que couverture contre les craintes d'inflation émergentes dues à la forte augmentation de la dette publique. Voici nos positionnements spéciaux :

  • Alors que les actions à dividendes élevés avaient déjà rapporté environ 15% de moins que le marché global au cours des trois dernières années, la sous-performance pendant la crise du coronavirus a encore été importante (15%).
  • En raison des réductions/suspensions de dividendes, les futures sur dividendes offrent un tableau très sombre (baisse de 45% des dividendes par rapport à 2018 et pas de reprise en 2021). Nous considérons que cela est exagéré.
  • La sous-performance des titres de valeur (y compris les actions à dividendes) est très similaire à la situation qui prévalait avant les deux grandes reprises de la valeur après les crises financières de 2000 et 2008.
  • Nous avons donc adopté une position tactique de 2% sur les actions mondiales à dividendes.

  • Avec une surperformance historique de 26% par rapport aux actions mondiales, notre achat du Nasdaq 100 a été plus que payant (achat en février 2019). Nous avons pris des bénéfices partiels mais nous conservons nos placements par conviction.
  • Les poids lourds Amazon et Microsoft font partie des gagnants de la crise du coronavirus et conserveront une position dominante.
  • Compte tenu de la forte dépendance des sociétés Facebook, Google et Twitter vis-à-vis des revenus publicitaires, qui se sont probablement effondrés plus que le marché ne le prévoit actuellement, nous réduisons notre surpondération dans les entreprises technologiques américaines.

  • Après que la Fed et la BCE ont annoncé qu'elles achèteraient également des obligations à haut rendement, les remous sur le marché des obligations à haut rendement se sont apaisés et les cours des titres high yield ont déjà augmenté de 12%.
  • Les banques et les courtiers sont maintenant de retour sur le marché et fournissent davantage de liquidité.
  • Avec un spread d'environ 800 points de base, les cours des obligations mondiales à haut rendement intègrent actuellement un taux de défaillance de 8% des entreprises. Nous prévoyons que ce taux sera effectivement un peu plus faible et considérons donc que les primes de crédit actuelles sont attrayantes.

Mandats spéciaux d'allocation d'actifs mai 2020

Pondération relative par rapport à l'allocation stratégique des actifs (ASA) en % en avril et mai 2020.

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Allocation d'actifs